Lundi 14 mai 2012
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17:25
Pendant que certains préparent une investiture et alors que j'attends ma nomination en toute discrétion au poste de secrétaire d'état aux balades parisiennes
ou plutot, ne soyons pas modeste, Ministre du "je cours partout et des gourmandises".....je me suis rendu pendant que l'anonymat me le permet encore au Grand palais.
Je dois avouer que j'y suis parti un peu à reculons (pas à ma nomination mais au grand palais). Je m'étais dit "beaucoup de monde", "surfait" et un tas d'autres a
prioris mais mon désir de retrouver cette incroyable lumière qui l'envahit m'a poussé jusque là.
J'aime ce lieu magique et cette ambiance de fête qui s'empare de lui (et de moi) à chaque évènement et puis comment louper un autre Monumenta.
Daniel Buren qui fait suite à Anish Kapoor en 2011 il fallait y aller...et le partager.
C'est armé de mon appareil photo et de mes doutes que je suis parti sous un superbe ciel bleu: c'était aujourd'hui ou jamais!
Je suis venu, j'ai vu et ...j'ai aimé!
Cependant je me suis adressé à un mediateur culturel afin de répondre aux deux ou trois questions très élémentaires qui titillaient mon esprit néophyte même si je
suis enclin à penser que l'art est histoire de sensations:
1- Pourquoi Daniel Buren a t'il choisi d'envahir la nef avec des cercles?
-Monsieur Buren en travaillant sur les plans originaux du grand palais y a vu des cercles concentriques effectués à l'aide d'un compas cela lui a donné
l'envie de ces cercles.
2- Le choix de ces quatre couleurs est il délibéré?
-Ces quatre couleurs sont les seules fournies par le fabricant de ce pvc thermosoudable.
3- Pourquoi ces cercles sont ils placés à 3m de hauteur dans cette nef haute de 45m ?
-C'est la hauteur moyenne du plafond d'un appartement.
4-Pourquoi 377 cercles?
C'est un calcul mathémathique comparable à celui de l'Alhambra et déjà connu au temps de la perse qui a permis de calculer comment positionner un maximum de cercles
dans les 13500m2 du grand palais.
...........C'est en tous cas ce qui a été répondu à mes questions.
Génial d'ailleurs cette idée des médiateurs culturels qui sillonnent le grand palais et qui sont toujours là pour parler de l'oeuvre, du pourquoi et de
l'art...Bravo!
J'y ai aimé les correspondances entre le vert réséda de la structure et les lumières produites par les cercles ainsi que les cercles induits par l'architecture en
lien avec ceux de Daniel Buren.
J'y ai apprécié également les jeux de lumière changeants sur le grand palais produits par les reflets des cercles et les cercles en miroir qui reflètent la
nef.
j'ai aimé y voir s'allonger les heures et la lumière, j'ai aimé y perdre mes doutes et mes craintes....
-Trois concepts clés de Daniel Buren:
la couleur:
Toujours présente dans le travail de Buren. Il arrive à un moment où son usage est pourtant proscrit. Il se démarque par l'utilisation de couleurs franches
jugées décoratives ce qu'il assume car "d'une certaine façon, l'art n'a jamais cessé de se préoccuper du décoratif".
le travail in situ:
cela signifie pour Buren dés 1965 que l'oeuvre naît de l'espace dans lequel elle s'inscrit.. "l'environnement de la peinture (.....) semble toujours plus important
et plus riche que la peinture elle même."
la lumière:
La lumière joue avec les matières utilisées et aussi avec les formes, les ombres, les couleurs ce qui transforme l'oeuvre à chaque instant. Ce qui est tout à
fait impressionnant ici dans cet espace du grand palais et qui est une magie pour l'oeil.
J'ai aimé y prendre le temps d'en savoir plus sur Daniel Buren et sa conception sur l'art. J'aimerais y revenir afin d'y assister aux soirées imaginées pour prendre
place au coeur de l'oeuvre.
Un endroit ou il faut prendre le temps de voir la lumière évoluer, prendre le temps d'écarquiller le yeux et se laisser envahir par le lieu. J'y ai vu des gens de
tous ages y redevenir des enfants et jouer avec la lumière, j'y ai vu des enfants danser sous les cercles, j'y ai vu des adolescents faire du hip hop sur les disques de miroir....J' y ai trouvé
une joie très éloignée de la gravité et de l'air circonstancié que souvent l'art provoque.
Merci Monsieur Buren pour cette parenthèse et je suis désolé pour certaines annotations sur votre livre d'or....mais l'art est souvent sujet à controverse et je
présume que vous y êtes habitué...
Pour en savoir plus avant de vous y rendre : monumenta.com
.....Bon je file vers autre chose et un moment d'expérience culinaire dont j'espère pouvoir vous parler bientôt........Ce n'est pas si facile une journée de
ministre!..............
Et puis un coucou à Desire de
vosges Paris qui met mes photos de Paola Navone chez Merci en lumière aujourd'hui:
Bien sûr toujours la rubrique "Paris-actu" pour l'actualité parisienne artistique et gourmande!
À bientôt